Le principe des trois piliers a fait ses preuves. Dans le 2e pilier, chaque assuré, avec le soutien de son employeur, épargne l’avoir de vieillesse, clairement déterminé, qui lui revient. C’est là un principe qui, pour la plus grande organisation faîtière de l’économie suisse, doit rester intangible. Sur ce point, le modèle de l’usam diffère fondamentalement du modèle majoritaire des syndicats et de l’Union patronale suisse, dont la conception se détourne du système des trois piliers, alors que celui-ci a fait ses preuves. Ce dernier modèle prévoit l’allocation de suppléments de rentes qui seraient distribués selon le principe de l’arrosoir. Dérogeant ainsi au principe du dépôt de fonds dans la LPP, il instaurerait un nouveau régime de redistribution, étranger au système. Ce qui revient à ouvrir la porte à l’instauration d’une caisse unique ou d’une rente populaire.
Économie d’un milliard de francs de coûts supplémentaires
Une réforme du 2e pilier entraîne des coûts. Le modèle de l’usam engendre des coûts supplémen-taires de l’ordre de 1,5 milliard de francs, dont environ 1,1 milliard de francs sous la forme de primes plus élevées versées aux institutions de prévoyance. Les mesures en faveur de la génération de transition causent des coûts supplémentaires de quelque 400 millions de francs (pour une génération de transition de dix cohortes). La mise en œuvre de la contre-proposition des syndicats et de l’Union patronale suisse coûterait, quant à elle, 2,5 milliards de francs au minimum, dont 1,3 milliard sous la forme de primes plus élevées versées aux institutions de prévoyance. Les hausses de cotisations sociales prélevées sur les salaires entraîneraient des coûts supplémentaires de 1,2 à 1,5 milliard de francs selon la manière dont sont conçus les suppléments de rente. Permettant l’économie d’au moins un milliard de francs, le modèle de l’usam reste donc plus avantageux.